



L’Enfance : cette passagère clandestine de l’adulte, parfois intempestive - voire indésirable…est un puissant moteur pour celui ou celle qui aime voyager !
Depuis toujours, mon élan créateur prend sa source dans la relation que j’entretiens avec cette passagère clandestine. J’ai fini par lui payer un billet : elle peut rester en toute tranquillité.
Je porte ses nombreuses valises.
Parfois, nous en choisissons une trop lourde, ou sans éclat… Et nous l’ouvrons ensemble.
Il découle naturellement de mon travail de création des histoires et des formes, qui intéressent l’enfant en ce sens qu’il est représenté : c’est lui le héros de l’histoire et, je crois pouvoir l’affirmer aujourd’hui, il s’y
reconnaît suffisamment pour être touché - même si ce n’est pas lui qui parle.
Avec mes moyens d’adulte et d’artiste, je choisis de m’adresser aux enfants. Je le fais, je crois, pour créer un pont. Un pont au-dessus du fossé qui sépare bien souvent l’enfant de l’adulte, même si l’on ne le dit pas
parce qu’il est difficile de reconnaître nos rigidités.
L’enfant lui, le vrai, est à la fois la cible idéale de toutes nos projections et une altérité absolue. Ceci pose les bases d’un sacré conflit…
Cette complicité que je tâche de construire, je la destine aussi à l’adulte qui accompagne l’enfant au spectacle. Espérant qu’ils trouvent là matière à se relier tous les deux, ne serait-ce qu’en partageant, côte à
côte, cette nourriture que je mitonne avec soin, qui est au fond, je crois, une forme d'amour.
